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 Les Aventures de John Connelly

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John Connelly

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MessageSujet: Les Aventures de John Connelly   Ven 23 Mai - 13:49

John Connelly et les Rubis Jumeaux



CHAPITRE I : Comité d’accueil et délicieuse rencontre


Nha Trang, Indochine, 1929.


La jonque se frayait lentement un chemin dans le port qui foisonnait d’agitation, les pêcheurs débarquaient leurs prises qui étaient rapidement stockées dans les entrepôts des docks, et les marchandises étaient quasi immédiatement acheminées jusqu’au marché aux poissons de la baie, d’autres jonques et des bateaux à aube apportaient leur lot de colons et de touristes, et une corvette mouillait à quelques mètres, abritant une troupe de robustes gaillards en uniforme blanc, la Marine Nationale française.
A bord de la première jonque se trouvaient des hommes d’équipages, tous indochinois, affairés à exécuter les manœuvres et à obéir aux ordres du capitaine, ainsi que quelques occidentaux. Un couple de jeunes mariés français habillés tout en blanc s’émerveillait devant ce spectacle pittoresque, un vieil officier en uniforme arborant une fière moustache argentée bougonnait dans son coin en gardant un air strict et discipliné, et un homme de haute stature avec de larges épaules se tenait, les bras croisés, contre le bastingage, ne parlant à personne. L’homme aux cheveux châtains et aux yeux verts contemplait les eaux turquoises de la baie de Nha Trang se ressassant ses souvenirs depuis le début de son voyage.
Près d’un mois auparavant, alors qu’il se trouvait chez un ami à Delhi, il reçut un télégramme énigmatique. Il s’agissait d’une invitation d’un certain professeur Auguste Girardin qui l’invitait à le retrouver en Indochine pour lui proposer un emploi dont l’objet précis restait encore à ce jour inconnu. L’homme se doutait bien sûr qu’il devrait faire ce pourquoi on le payait habituellement, jamais il ne se serait douté il y a quelques années du nombre de reliques et d’antiquités éparpillées dans le monde. Il avait alors pris un paquebot pour se rendre en Asie du Sud-Est et pour naviguer dans les archipels il finit par prendre la jonque à bord de laquelle il se trouvait aujourd’hui.
La frêle embarcation finit par stopper et fut amarrée au quai, les hommes d’équipage s’emparèrent d’une planche qui fit office de pont afin de rejoindre la terre ferme. L’homme silencieux attrapa son sac et le jeta sur son épaule, il emprunta le pont de fortune et se retrouva au milieu du tumulte des voyageurs, des retrouvailles entre les parents et les amis, et des cris de « chauffeurs » qui semblaient rivaliser d’inventivité pour transporter les clients. Il s’efforça de traverser le rideau de personnes qui le séparait du reste de la ville, mais sa progression fut interrompue par une voix qui l’appelait.

"Connelly ! Monsieur Connelly ! Nous vous trouvons enfin !"

John tourna la tête vers les deux silhouettes qui s’avançaient péniblement vers lui en jouant des coudes. Un homme âgé d’une soixantaine d’années aux cheveux blancs et à la barbe rase portant un complet en lin beige, un nœud papillon noir, une paire de lunettes rondes aux montures en fer, et un chapeau de canotier s’appuyait sur sa canne et entraînait avec lui par le creux de son coude une jolie jeune indochinoise qui le crochait. Connelly fut subjugué par la beauté de la jeune femme, sa douce peau mate, ses yeux noirs et profonds, ses pommettes légèrement rosées, et sa longue chevelure d’ébène descendant jusqu’au creux de ses reins en une délicate natte. Elle portait un magnifique ao dai (robe traditionnelle vietnamienne) d’un blanc immaculé qui épousait parfaitement ses savoureuses formes, et le chapeau traditionnel conique qu’elle avait attaché sous son menton avec un ruban de soie rose pâle. John eut du mal à arracher son regard de la belle asiatique, mais les coups du pommeau de la canne du vieillard contre sa poitrine le ramenèrent sur Terre, il lui serra la main vigoureusement.

"Monsieur Connelly ! Je suis enchanté de faire votre connaissance. Si je peux me permettre vous correspondez tout à fait à l’idée que je m’étais faite de vous."

"Vous devez être le professeur Girardin j’imagine."

"On ne peut pas être plus perspicace. Ah oui ! Je vous présente mon assistante et la plus brillante de mes élèves, mademoiselle Linh Dao. Une fille tout à fait charmante et assez patiente pour supporter un vieux fou comme moi."

"Allons professeur, ne parlez pas ainsi ! Vous êtes un éminent savant ! Vous m’avez tout appris !"

Le grand gaillard se rendit alors compte combien la voix de Linh était douce et envoûtante, et son léger accent asiatique qui ponctuait son anglais parfait lui donnait un charme exotique. Il lui prit alors délicatement la main et l’effleura de ses lèvres.

"L’Indochine est décidément un magnifique pays."

"Vous vantez la beauté du pays de chaque femme que vous rencontrez monsieur Connelly ?"

"Non, seulement ceux de femmes aussi délicieuse que vous, mademoiselle Dao."

Linh se mit légèrement à rougir, réaction typique des étudiantes timides, mais elle cacha sa réaction par un sourire énigmatique, ni approbateur, ni réprobateur.

"Appelez moi Linh. Ce sera beaucoup plus pratique de nous passer des mondanités."

"Avec plaisir, Linh. Appelez moi John dans ce cas."

"Oh oh oh ! Je sens que ça va faire des étincelles entre vous ! Mais venez monsieur Connelly, nous allons nous détendre autour d’une tasse de thé ou de quelque chose de plus fort si le cœur vous en dit."

"Après un voyage pareil je pense que j’ai besoin d’un petit remontant."

John sourit au petit vieillard boiteux et remonta un peu la sangle de son sac qui avait légèrement glissé et leur emboîta le pas, s’efforçant à écouter le professeur lui parler de la ville tout en étant sous le charme de Linh qui semblait tout à fait heureuse auprès du professeur. Ils déambulèrent tout les trois dans les rues bondées de Nha Trang, ils croisèrent des patrouilles de soldats en uniforme blanc impeccables, des pousse-pousse et des cyclo-pousse, des vendeurs et marchands en tout genre, des moines bouddhistes habillés de leur toge cramoisie qui dispensaient les paroles de Bouddha aux habitants qui se trouvaient sur leur chemin et offraient de la nourriture aux mendiants. Puis après avoir quitté les alentours du port, Girardin les fit bifurquer dans une rue, des dizaines de lampions rouges étaient suspendus à d’épais câbles électriques noirs, les piétons étaient moins nombreux, mais les pousse-pousse et autres moyens de transport pullulaient, de grandes enseignes de néons en langue locale et en français indiquaient clairement qu’ils étaient arrivés dans un quartier hôtelier. Ils firent encore quelques pas avant de s'arrêter devant la porte à double battant d'un hôtel luxueux, John regarda quelques instants son accoutrement qui aurait tôt fait de jurer avec son environnement, mais le professeur le rassura.

"Nous voici à notre hôtel, nous vous avons pris une chambre également monsieur Connelly, vous serez bien installé et tout à fait à votre aise j'en suis sûr. Mais entrez plus tôt, allons nous désaltérer, je dois dire que j'ai du mal à supporter le climat qui règne dans cette région du globe."

Le professeur Girardin pénétra à l'intérieur, toujours accompagné fidèlement de Linh qui semblait vouloir le soutenir, John commença à les suivre mais en tournant la tête pour voir une dernière fois la rue son attention fut soudainement attiré par un détail inquiétant. Pas très loin de l'hôtel, un occidental, grand, costaud avec des cheveux cendrés, vêtu d'un costume gris anthracite et coiffé d’un borcelino noir, était adossé contre un poteau électrique et lisait un journal, du moins il faisait semblant de le lire car il jetait de fréquents coups d’œil dans leur direction. Lorsqu’il s’aperçut que John l’avait remarqué, il replia son journal sous son bras et prit la poudre d’escampette avant de disparaître lorsque un pousse-pousse passa dans la rue et boucha la vue de John. L’esprit de Connelly se mit en alerte, on surveillait le professeur et son assistante, et quelque chose lui disait que l’on savait déjà qu’ils l’avaient engagés, cependant il décida qu’il allait garder ça pour lui et se contenter d’ouvrir l’œil pour le moment.
Il rejoignit Girardin et Linh au bar de l’hôtel où l’on pouvait s’installer dans des fauteuils et sur des banquettes confortables en coton blanc, le comptoir et le mobilier étaient en bois de rose massif, les étagères du bar étaient garnies de bouteilles d’alcool en tout genre, de machines à café, et de services à thé. Un serveur vint prendre leur commande, Linh prit un verre d’un vin importé directement de France, le professeur prit un cocktail appelé mojito qui faisait fureur à Cuba, et pour sa part John commanda un double whisky Jameson, très célèbre en Irlande.
Ils discutèrent un temps de tout et de rien, mais cela permit à Connelly d’en savoir plus sur ses employeurs. Auguste Girardin était professeur d’archéologie fortuné qui enseignait à l’université de la Sorbonne à Paris, il était veuf depuis 14 ans et n’avait aucun enfant, ne trouvant aucun sens à sa vie après avoir perdu son unique amour il se rendit en Indochine où il rencontra une orpheline de 9 ans en train de lui faire les poches, Linh était native de Hanoï et avait perdu ses parents lors de manifestations indépendantistes. Le professeur recueillit Linh et la ramena à Paris afin qu’elle puisse suivre une éducation et étudier, une telle chance n’était pas offerte à beaucoup de jeunes filles qui plus est issues des colonies, après une scolarité brillante dans l’enseignement primaire et secondaire, Linh, non sans le soutien de son bienfaiteur, intégra l’université de la Sorbonne afin de devenir archéologue à son tour tout en se spécialisant dans les langues anciennes et les cultures du monde asiatique.
De son côté John parla un peu de lui, de l’Irlande, raconta quelques plaisanteries bien de chez lui et leur déballa quelques bribes des différents évènements marquant de sa vie, où son travail l’avait mené et ce qu’il lui avait fait traverser, les deux universitaires se régalèrent de ses quelques anecdotes et il remarqua les regards qu’ils s’adressaient, comme s’ils étaient ravis d’une marchandise. Une fois les verres vident, et à une heure bien avancée dans la soirée, le professeur Girardin se leva en s’appuyant sur sa canne, Linh s’empressa de l’aider, l’Irlandais se leva aussi. Ce fut la jolie indochinoise qui prit la parole.

"Il est bientôt l’heure de dîner. Je pense que vous voudrez probablement vous rafraîchir avant de passer à table, John."

John sourit à Linh quand il l’entendit prononcer son nom, il était si agréable venant de sa bouche. Il se rendit compte que son ventre criait famine et qu’il n’avait pas mangé un repas consistant depuis pas mal de temps.

"Je serais pas contre une bonne douche en effet, et je voudrais enfiler des vêtements un peu plus adéquats pour dîner dans un hôtel comme ça. Où je peux trouver ma chambre ?"

"Ne vous inquiétez pas pour ça. C’est moi qui aie votre clé, votre chambre est à côté de la mienne. Vous n’aurez qu’à me suivre."

"Je crois que je vais adorer cet établissement…"

Connelly sourit de plus belle devant Linh qui fit semblant de ne pas avoir compris et ils quittèrent le bar pour s’engager dans d’immenses escaliers qui menaient aux chambres, des couples ou des hommes d’affaires en smoking les descendaient déjà pour se rendre à la salle à manger. Le professeur Girardin les quitta au premier étage, non sans trop de difficultés de la part de Linh, une chose que John ne manqua pas d’aborder une fois qu’ils se retrouvèrent seuls tous les deux.

"Vous aimez beaucoup le professeur. Vous semblez être aux petits soins pour lui, plus que vous ne le seriez pour un autre homme je pense."

"Quand on doit une vie entière à une personne c’est bien normal vous ne croyez pas ? Si pè… si le professeur ne m’avait pas trouver à Hanoï je serais probablement devenue une putain. Vous voyez, je me surprends à l’appeler père."

"Je ne peux pas en dire autant, j’ai quitté une vie qui pour certain paraîtrait idyllique pour parcourir le monde, comme un pauvre homme. Ma famille était probablement la plus riche de tout le comté de Cork, une fortune construite sur les propriétés foncières et les exploitations agricoles, j’ai été élevé dans l’aristocratie irlandaise et britannique, mais dès que les agitations indépendantistes ont éclaté j’ai pratiquement renié mes parents, et mes frères et sœurs. Puis l’Irlande est devenu indépendante, ma famille s’est exilée en Angleterre, et moi je suis partie. Je voulais voir autre chose, j’avais passé presque 4 ans à l’université de Cork, mes camarades se voyaient avocats, industriels ou politiciens, mais moi je n’arrivais pas à me décider, à trouver une voie, et me voila aujourd’hui, chasseur de trésor, pilleur de tombe, ou homme de main."

"Vous n’êtes pas si mal pour un vaurien qui détrousse des cadavres de 3000 ans."

"Je prends ça pour un compliment."

Linh lui adressa un léger sourire en coin puis elle baissa la tête, comme perdue dans ses pensés. Le reste du trajet se fit en silence, ils montèrent encore deux étages et se retrouvèrent devant les portes de leurs chambres, la belle asiatique donna ses clés à John et ouvrit sa chambre. Elle resta sur le pas de la porte en souriant.

"Et bien je vous donne rendez vous dans quelques minutes ? Vous passez me prendre ?"

"Je suis rarement ponctuel, mais je pense que je vais pouvoir être dans les temps."

"Alors à tout à l’heure, John."

Puis elle ferma sa porte, laissant l’aventurier seul dans le couloir en train de tripoter sa clé.

"Je suis impatient."

A suivre..
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